Accueil du site > Actions > Aménagement du territoire > Technologies de l’information et de la communication > Agir pour l’accès de tous à internet

Agir pour l’accès de tous à internet

Mise à jour 8 septembre 2010.

Thèmes Aménagement du territoire Atout18, internet pour tous Chermag27 Infrastructures Internet

Le plan atout18, Internet pour tous dans le Cher, va commencer à être opérationnel sur le terrain. D’ici à un an, il permettra aux 25 000 foyers privés de haut débit de surfer sur la toile. Une réponse aux entreprises, artisans et commerçants, mais aussi aux particuliers, impatients de se raccorder au monde pour leurs besoins professionnels ou personnels.

« Monsieur le ministre, nous dans nos communes, nous avons une connexion internet qui ne nous permet pas l’installation des entreprises ! Trouvez-vous normal que nous, communes, soyons obligées de financer ce type d’équipement ? » samedi 26 juin 2010, le Cher profite du soleil, mais les maires, réunis en assemblée générale à Aubigny, parlent avec franchise à Michel Mercier, Ministre de la ruralité et de l’aménagement du territoire.

Lors de cette rencontre, comme lors de réunions publiques dans les cantons ou les communes, la question n’est pas balayée d’un revers de main. À la table, des Conseillers généraux de tous bords sont à l’aise pour aborder le sujet, puisque à l’unanimité, ils ont voté ce projet le 15 décembre 2008. Permettant à l’ensemble de la population de bénéficier d’internet à haut débit dans le département.

La couverture du département : une préoccupation permanente

La volonté de couvrir l’ensemble du territoire de l’internet à haut débit n’est pas neuve. Dès le début des années 2000, les élus du Cher voyaient dans cette couverture un outil de désenclavement, ou du moins un outil pour rester raccorder, même en zone rurale, à l’évolution économique du pays et de la planète. Restait à trouver une solution technologique, qui permette financièrement de doter le département d’un tel équipement.

Jusqu’en août 2008, le Département a suivi de près l’appel d’offres lancé par l’État, car c’est ce dernier qui en avait la responsabilité. Celui-ci accorde alors des licences Wimax [1] à certains opérateurs pour la mise en œuvre de la couverture des territoires. Mais l’initiative privée sera défaillante. En effet, ces promoteurs, à l’échelle nationale, décident de ne pas la mettre en pratique. Voilà qui ne satisfait pas le Cher. Sur les 152 000 foyers du département : 3 000 ne pouvaient prétendre à aucune prestation internet, et 22 000 connectés n’avaient pas le droit au haut débit. À la campagne certes, mais aussi dans des communes comme Bourges ou Saint-Doulchard en zone urbaine. Daniel Devaux, directeur des systèmes d’informations, et Pascal Bourdillon, du service des technologies de l’information et de la communication, savent qu’ils doivent trouver une solution pour le territoire. Et la pression devient plus marquée. « On a reçu des courriers, des coups de téléphone, des mails, ici au Conseil général, mais aussi dans les mairies. Des messages pas forcément polis, parce que les gens ne recevaient pas internet. »

Sur le terrain, les ingénieurs du Conseil général n’étaient que rarement invités. Mais à partir de 2008, ils accompagnent les élus dans les cantons de façon quasi systématique. « Lors de certaines réunions, c’est le sujet numéro un. Ça concerne les agriculteurs, les chambres d’hôtes, les artisans. Mais aussi des parents qui ont des enfants à l’école, à qui on demande des devoirs en utilisant internet. »

C’est ainsi qu’en octobre 2009, le Cher décide de proposer un projet de solidarité territoriale. Les communes sont appelées à se prononcer : déjà 260 ont répondu favorablement. Le dossier est approuvé par l’État et l’Europe qui acceptent de financer le projet du Cher, qui opte pour la technologie du Wifimax [2]. Un maillage d’antennes qui permettra dès cet automne 2010 de raccorder les zones d’ombre en haut débit. Un budget global d’environ 10 m€, avec une participation de 13 % par les communes du département.

Le plan « internet pour tous » va permettre, en l’espace d’un an, de couvrir l’ensemble du territoire. On admet que sur les 152 000 foyers, 250 habitations, trop isolées, seront dans l’obligation de recourir à internet par satellite. Sinon, les 25 000 foyers, aujourd’hui privés d’internet à haut débit, vont pouvoir s’équiper à partir de cet automne.

Compter environ 30 € par mois

Il faudra compter environ 30 € par mois pour internet à haut débit, et rajouter sans doute 10 € pour la téléphonie illimitée vers les fixes. À partir du mois d’octobre se tiendront des réunions d’informations dans les mairies des communes concernées par le déploiement.

Le département du Cher assume sa démarche volontariste : « rien ne nous y oblige, ce n’est pas une compétence obligatoire. » Parce qu’elle rend service aux entreprises, aux commerçants, artisans, aux petites entreprises et aux particuliers du département.

Commentaire d’un restaurateur dans le sud du département : « nous avons été obligés d’installer internet par satellite, avec un débit moyen. Nous sommes attentifs au plan à venir. » Pour les professionnels du tourisme, le haut débit est nécessaire : « 70 % des réservations en hôtels, chambres d’hôtes ou gîtes ruraux se font par internet ou après avoir visité un site internet. » La propriétaire de chambres d’hôtes, dans le pays de Bourges, explique ainsi que c’est sa fille, qui vit à Londres, qui met à jour son site internet… dans le monde agricole, internet n’est pas un loisir, mais un outil de travail, pour la gestion des parcelles, les déclarations comptables, les relations avec la chambre d’agriculture. Le haut débit est attendu avec hâte.

Les artisans ou commerçants sont de plus en plus dans l’obligation de passer les commandes de produits ou de pièces sur leurs ordinateurs. Quant aux collégiens et lycéens, l’attente est similaire. Pour les loisirs, musiques et films en tête bien sûr. Mais aussi parce qu’internet est devenu un outil de travail scolaire, et d’échanges avec les amis ou la famille. Du côté de la Chambre de commerce et d’industrie, on souligne que « le numérique est un vrai levier de développement économique », il est donc hors de question de se couper d’un tel outil. Et la CCi organise le 18 octobre une journée consacrée à l’économie numérique, « qui s’adresse aux néophytes comme aux initiés ». Quant à ceux qui pensent que le numérique est affaire d’expert, il faut observer que le mobile multimédia qui se déplace chaque semaine dans les communes rurales fait le plein à chaque session : « nous recevons 3 000 à 4 000 personnes par an. Des enfants, des scolaires, mais aussi de plus en plus de jeunes retraités qui veulent transmettre des photos, discuter avec leurs petits-enfants. La demande est telle que nous avons un an de planning réservé. »

E.D.

Courant Septembre un site internet dédié permettra de suivre l’avancée du déploiement.

[1] technologie radio sous licence permettant d’avoir internet à haut débit (max 2 à 3 mb/s). Deux opérateurs privés ont une licence en région Centre. Comme le retour sur investissement est trop faible, ils ne l’exploitent pas.

[2] technologie radio sans licence à faible émission d’ondes. Elle émet moins loin que le Wimax. Il faut donc un réseau d’antennes-relais dense. Elle permet un débit de 2 à 10 mb/s. son coût d’installation est plus faible que le Wimax.