Table ronde Cher 2021 animée et propos recueillis par Estelle Boutheloup. Avec :
- Santi Gonzalez, Président de la Chambre des métiers et de l’artisanat du Cher ;
- Jean-Pierre Saulnier, Vice-président du Conseil général chargé de la prospective Cher 2021 ;
- Laurent Koessler, Directeur territorial d’ERDF ;
- Souad Zakraoui, étudiante en 2e année à l’ENSI de Bourges et membre du Conseil d’administration de l’ENSI.
Quels sont les atouts du Cher ?
Santi Gonzalez
« L’artisanat ! Il maille bien le savoir-faire du territoire, avec une main-d’oeuvre de qualité. Dans ce secteur, le Cher est l’un des départements le mieux représenté. Autres atouts : l’espace, la qualité de vie et le coût de l’immobilier, qui est ici raisonnable et doit le rester pour aider les sociétés à se développer. Par ailleurs, Bourges étant situé à 2 h de Paris, on ne peut qu’attirer du monde. »
Laurent Koessler
« Le patrimoine agroalimentaire du territoire est aussi important : on peut aller directement chez le producteur ! À l’intersection de voies de circulation, le Cher possède un bon maillage routier. Tourné vers le développement durable et les questions d’économie “carbonée”, le département est assez peu sensible à l’économie générale : tout cela est le symbole d’une économie mature car avec des variations faibles. »
Souad Zakraoui
« On a effectivement une qualité de vie extraordinaire. Par exemple, à Bourges, on peut aller à pied d’un bout à l’autre de la ville. Ce qui est aussi positif, ce sont les vélos prêtés par la mairie : une solution écologique. Et puis, contrairement à Paris où tout le monde court, les gens ici sont souriants, on a l’impression qu’ils sont sereins. On se dit vraiment que l’on est dans une région paisible. »
Jean-Pierre Saulnier
« Le Cher a un potentiel exceptionnel : une agriculture raisonnée et dynamique, portée par une image positive de la viticulture, dont le symbole phare est Sancerre. Côte industrie, le secteur de la défense a permis à des PME de se restructurer, dans l’automobile, le spatial, l’aéronautique, la pétrochimie… Le côté high-tech, lié à l’enseignement supérieur, est important (ENSI , École Hubert Curien…), de même que la formation et la recherche (laboratoires universitaires et privés). Autres atouts pour l’économie du territoire : des autoroutes et NTIC couvrant bien le département, l’aéroport de Châteauroux- Déols, le centre de recherche de Vierzon ICERMA ; et sur le plan social, des initiatives comme le projet Madonah et les Maisons des solidarités. »
Comment travailler ensemble ?
Santi Gonzalez
« En jouant bien nos atouts, main dans la main avec les chambres consulaires, le Département et la Région. En apportant une aide technique et une assistance aux entreprises. L’économie reste la locomotive, et la développer est un redoutable défi : si on veut partager des richesses, il faut d’abord en créer. »
Laurent Koessler
« En donnant la possibilité à différents corps de métier de travailler sur un projet commun, pour aboutir à une réalisation concrète et ensuite la valoriser. Cela permettrait d’avoir un démonstrateur pour le futur. »
Souad Zakraoui
« D’ores et déjà je propose de faire un compte-rendu restituant ce qui a été dit lors des remue-méninges et de le communiquer sur le webmail des étudiants de l’ENSI de Bourges, afin d’impulser des échanges. »
Jean-Pierre Saulnier
« Dans différents cantons du Cher, de jeunes ambassadeurs feront remonter les informations tout au long de la construction de Cher 2021, et différentes réunions publiques décentralisées mobiliseront l’ensemble du territoire. En y allant tous ensemble, on transformera l’essai, pour faire en sorte que le Cher soit vu comme un département dynamique et où il fait bon vivre. »
Quelles pistes prioritaires se dessinent ?
Santi Gonzalez
« Nous avons un terrain fertile. Quand une entreprise a du potentiel, il faut l’aider à se développer et à exporter, comme le fait par exemple la biscuiterie et chocolaterie Mercier (pour les Croquets du Berry), qui a multiplié ses effectifs et développé ses ventes à l’étranger. Maintenir et développer les entreprises artisanales sur le territoire (5 300 dans le Cher) permet aussi de faire venir les familles. »
Laurent Koessler
« Nous avons un déficit d’image sur lequel il faut travailler, en valorisant la qualité de vie, facteur d’implantation pour les chefs d’entreprise. Autre piste : le bâtiment basse consommation peut, en limitant le coût de l’énergie, redonner du pouvoir d’achat. On pourrait même imaginer un slogan comme “Le Cher, département à énergie positive !” Pourquoi pas aussi développer un créneau du type “bien-être” (gastronomie, vie), avec une image haut de gamme, en créant une marque pour l’export : Berry Life, par exemple ! »
Souad Zakraoui
« Ça manque de vie le soir. À Bourges, rue Moyenne, à partir de 20 h, il n’y a plus rien. Les étudiants qui habitent à l’extérieur de la ville souffrent aussi d’une mauvaise desserte pour venir dans le centre-ville le soir, le dernier bus étant aux alentours de 20 h. Enfin, à l’issue de leur formation sur Bourges, la grande majorité des étudiants repart, faute de demandes des entreprises locales. »
Jean-Pierre Saulnier
« Sur le terrain, le Conseil général a déjà créé avec différents partenaires la SEMPAT , société mixte immobilière pouvant accueillir des entreprises porteuses de projets. Il va falloir relever le défi démographique et garder les jeunes, en leur permettant de trouver un emploi ou de créer leur entreprise. Pour les étudiants, il y a une volonté d’offrir des logements bénéficiant d’un label qualité. Et avec le campus Turly (CFA, IUT, CREPS), le bâtiment pourrait être un nouveau gisement d’emplois pour le futur. »


