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Devoirs de mémoire et leçons de l’Histoire

Mise à jour 29 juin 2011.

Thèmes Chermag31 Du travail de mémoire au droit à l’histoire Portraits

L’un soufflera ses 15 bougies mi-août. L’autre a compté ses 96 printemps en mai dernier. Le premier, Bastien Germain, vient de finir son année de 3e, au Collège George Sand d’Avord. Il est le lauréat départemental du Concours national de la Résistance et de la Déportation, catégorie « collégiens, en devoir individuel ». Le second, Robert Chambeiron, est le dernier représentant vivant ayant participé au Conseil national de la résistance dès la création de cette instance par le de Gaulle et Jean Moulin, en 1943.

De la grande tige aux cheveux longs, sourire timide et verbe posé, et du petit monsieur moustachu, yeux pétillants et pouvoir de conviction intact, aucun ne connaît l’autre. Pourtant, le travail du jeune garçon de 2011 a fait revivre l’action du jeune homme qu’était Robert Chambeiron lors de la débâcle de 1940.

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Robert Chambeiron
Robert a participé à la création du Conseil national de la Résistance en 1943.

Sa copie a rappelé les risques encourus par ceux qui avaient dit non à l’occupation et à la collaboration. Don devoir, tout comme celui des 256 autres candidats du Cher, a contribué à entretenir « une flamme qui ne doit pas s’éteindre ». Illustration littérale de l’expression « devoir de mémoire », l’épreuve n’était pas simple à aborder : « la répression de la Résistance en France par les autorités d’occupation et le régime de vichy. » notamment en raison de la forte charge émotionnelle des témoignages ou des documents.

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Bastien Germain
Bastien Germain, lauréat départemental du Concours national de la Résistance et de la Déportation.

L’armée du crime, le beau film de Guédiguian, a d’ailleurs beaucoup impressionné Bastien. Notamment les scènes où les jeunes patriotes FTP-MOI sont torturés. « On ne doit pas oublier ce que des gens ont consenti pour que notre pays recouvre sa liberté. J’admire cet engagement. Pourtant, dans cette situation, je ne suis pas sûr que j’aurais osé me révolter et résister », admet bastien. Sage et réfléchi, amateur de problèmes mathématiques et adepte de l’endurance en athlétisme, Bastien imaginerait-il les résistants en jeunes chiens fous ? « S’il y en eut, ce n’était pas un gage de longévité », assure Robert Chambeiron. Lui-même, à l’heure des choix décisifs, n’a rien d’un boutefeu. « Je viens d’une vieille famille républicaine de gauche. Mes deux grands-pères avaient été mis en prison parce qu’ils avaient manifesté en faveur de la loi de séparation de l’église et de l’état en 1905 devant une église à Dinan. Mais au début, dans les mouvements de résistance, si on savait qu’on allait faire quelque chose, on ne savait pas quoi. »

En 1940, démobilisé, il avait rejoint à Paris ses anciens collègues du ministère de l’air du Front populaire. Parmi eux, Jean Moulin. L’unification patiente et méthodique des réseaux de résistance a besoin d’hommes de convictions doués du sens de l’organisation. Échappant parfois de peu aux griffes de la gestapo, Robert Chambeiron ne tira jamais sur l’occupant mais fut de ceux qui permettront de relever la République, habité par le vœu d’une société plus juste. Pour Bastien, « savoir ce qui s’est passé nous aide à mieux comprendre notre époque ». Il accueillera volontiers en écho à ses propos ceux de Lucie Aubrac, estimant que « le verbe résister doit toujours se conjuguer au présent ».