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Georges Buisson, le passeur de culture

Mise à jour 29 juin 2011.

Thèmes Chermag31 Culture Portraits

L’ancien administrateur du Palais Jacques-Coeur et de la Maison de George Sand à Nohant s’implique dans de nouveaux projets.

Quarante années à tisser des liens enrichissants entre l’art sous toutes ses formes, les publics et des lieux emblématiques, cela forge une solide éthique culturelle. « Ma quête a toujours été d’œuvrer sur les relations entre les activités artistiques et les gens », confie Georges Buisson qui a dirigé jusqu’à peu le Palais Jacques-Cœur et le domaine de Nohant.

Elles ont évolué au fil du temps, des lieux et des responsabilités, mais ses missions professionnelles ont toujours suivi le même fil d’Ariane. Celui tiré par l’aventure de la décentralisation théâtrale née des lendemains de la Résistance et des mouvements d’éducation populaire. « Je suis de cette histoire-là qui inscrivait fondamentalement le théâtre dans son rapport à la cité et entraînait le public et le théâtre dans l’idée fondamentale de partage entre l’un et l’autre. » L’engagement de Georges Buisson prend racine au tout début des années 1970 par des premières rencontres théâtrales dans le département du Rhône d’où il est natif puis au centre d’action culturelle de Chelles (Seine-et-Marne). Une formation de cadre culturel le conduit à la Maison de la culture du Havre. Puis, en 1973, il entre au tout nouveau centre culturel de Bobigny. Deux ans plus tard, on lui confie les rênes de l’établissement culturel du Val d’Yerres dans l’Essonne. En 1986, il dirige la Coupole à Sénart ville nouvelle.

Autant de responsabilités riches et diversifiées dans des lieux emblématiques de la culture nationale qui l’ont profondément passionné. Avec un mandat, celui de faire du patrimoine un lieu d’activités artistiques, Georges Buisson est nommé en 2001 administrateur du Palais Jacques-Cœur à Bourges et de la Maison de George Sand à Nohant. L’aventure est nouvelle, mais l’éthique demeure. « L’important, pour moi, n’est pas de programmer mais d’ouvrir des dialogues entre l’artiste et ces lieux de mémoire. » à travers des parcours artistiques, il provoque des rencontres à trois. Entre l’artiste, le public et un patrimoine chargé de mémoire et d’histoire. Par exemple à Nohant où vécut George Sand, femme d’exception et républicaine engagée, en invitant régulièrement d’autres femmes engagées à converser sur leurs visions du monde.

À partir de cette dense expérience des rapports entre l’artiste et la cité, Georges Buisson juge préjudiciable pour les uns et les autres l’absence aujourd’hui de dialogue entre les artistes et les acteurs politiques. « Pour concevoir une autre vision du monde, les politiques ont tout à gagner des artistes qui interpellent. » quant aux artistes, ils doivent « s’occuper de ce qui ne les regarde pas », et faire comprendre l’utilité de l’argent public pour la culture.

Aujourd’hui, le jeune retraité reste pleinement impliqué dans le Centre culturel de rencontre de Noirlac. Un projet lui tient aussi à cœur : la création d’une Maison européenne de la poésie au prieuré de Magny dans l’Indre. « Un lieu à l’atmosphère d’une maison pour interroger la poésie sous toutes ses formes. »