Accueil du site > Actions > Développement durable > Environnement > Protection > Le fauchage raisonné des bords de routes

Le fauchage raisonné des bords de routes

Mise à jour 19 juillet 2010.

Thèmes Biodiversité

Routes et biodiversité : association bien peu probante pour qui n’a jamais entendu parler de fauchage raisonné. L’objectif est pourtant simple : il s’agit de préserver le petit monde - flore et faune - qui niche le long des routes départementales.

Le Conseil général du Cher s’est ainsi engagé depuis 2007, au titre de sa politique en matière de développement durable, à aménager et entretenir le réseau routier dans un meilleur respect de l’environnement. Sous la houlette de Nicolas Sansu, Vice-président chargé des infrastructures et Paul Bernard, Vice-président chargé du développement durable et de l’environnement c’est bien le fruit d’un travail transversal, avec la méthode novatrice du fauchage raisonné, qui vous est présenté aujourd’hui.

Pourquoi un fauchage raisonné des bords de routes

L’année 2010 est déclarée « année internationale de la biodiversité » par l’UNESCO. L’action de fauchage raisonné entre pleinement dans ce cadre et s’inscrit dans le projet de loi dit Grenelle II au titre de la mise en œuvre des « trames vertes et bleues » nationales.

Elle illustre également l’engagement de la Collectivité pour la préservation des espaces naturels et plus généralement sa politique de développement durable auprès du grand public.

Au niveau national, avec un réseau de 965 000 km de routes et 8 900 km d’autoroutes, les abords routiers représentent 3 400 km², soit sensiblement la surface des parcs nationaux.

Ils sont très intéressants d’un point de vue écologique, car ils abritent une flore et une faune extrêmement riches. Ils ont également une vocation de corridors biologiques, c’est-à-dire des « lieux de passage » pour les espèces d’un milieu à un autre.

Face à la disparition progressive des prairies due au changement des pratiques agricoles, il semble encore plus pertinent de préserver ces linéaires routiers. Dans ce cadre, deux associations Nature 18 et l’APEB ont sollicité le soutien financier du Département en 2007 et 2008 pour réaliser des inventaires floristiques le long des routes départementales.

En quoi consiste le fauchage raisonné ?

Le fauchage tardif n’est pas une absence de fauchage. C’est un ajustement des interventions d’entretien qui tient compte à la fois des impératifs de sécurité routière et de la préservation de la flore et de la faune.

Cette méthode consiste à :

  • relever la hauteur de fauche ;
  • limiter la largeur de la fauche sur accotement ;
  • repousser le débroussaillage des fossés et des talus à l’automne afin de permettre la reproduction des espèces vivant sur ces milieux.

Elle permet de préserver les milieux naturels, mais aussi de limiter la repousse des végétaux et donc de réduire le nombre de fauches.

En limitant les surfaces fauchées et les fréquences de passage, on préserve les habitats naturels et on favorise la reproduction des espèces végétales et animales. Par ailleurs, la flore des bords de route constitue un filtre naturel qui limite le ruissellement de l’eau et améliore ainsi sa qualité.

Les usagers peuvent être surpris par la hauteur de la végétation et croire à un manque d’entretien. L’image d’une « route propre » ne doit pas être synonyme de végétation rasée, tel est le message à faire passer.

Inventaires et stratégies : le Conseil général du Cher en actions

Le Conseil général mène des expérimentations de fauchage raisonné des bords de routes depuis 2007. Le service environnement, en collaboration avec la direction des routes et des bâtiments, a ainsi financé la réalisation d’inventaires floristiques afin d’évaluer l’intérêt de la fauche tardive sur la biodiversité. Cette initiative a mis en évidence que cette technique de fauchage permet le développement d’un nombre important d’espèces végétales, dont certaines sont considérées comme déterminantes pour justifier l’existence d’une ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique) et ce, contrairement aux méthodes classiques.

Les résultats obtenus sur les inventaires floristiques

En 2007 : sur les zones de fauchage raisonné, 267 espèces inventoriées contre 148 en zones de fauchage intensif. En 2008 : sur les zones en fauchage raisonné, ce sont 319 espèces inventoriées contre 152 en zones de fauchage intensif. Parmi les espèces présentes sur les zones en fauchage raisonné, on peut citer l’ophrys bourdon, l’ophrys mouche ou encore l’orchis singe qui sont des espèces déterminantes ZNIEFF.

L’élaboration d’une stratégie en 2009

Depuis octobre 2009 le Conseil général du Cher s’est engagé à :

  • reconduire l’expérimentation de fauchage raisonné en 2010 sur 8 sections de 4 kilomètres réparties sur les différentes régions naturelles du département selon un schéma expérimental validé en relation étroite avec les Centres de Gestion de la Route ;
  • faire en sorte que le fauchage raisonné n’ait pas d’incidence sur la sécurité des usagers de la route (les zones dangereuses comme les carrefours ou les virages seront exclues de l’opération pour assurer la visibilité) ;
  • réaliser un bilan technique et financier de l’expérimentation en fin d’année.

Fauchage et expérimentation raisonnés

Les sections de routes retenues pour la campagne de fauchage 2010 ont été choisies de manière à examiner le maximum de configurations (régions naturelles et sols différents, climat et altitude semblables mais pas strictement identiques), afin que le retour d’expérience soit le plus exhaustif possible.

Liste des sections sélectionnées

CommunesRoutesRégions naturelles
Trouy RD 2144 Champagne berrichonne
Ménétréol sous Sancerre, Thauvenay et St Bouize RD 920 Val de Loire
Allouis RD20 Sud Sologne
Clémont et Aubigny sur Nère RD 923 Sologne
Brécy et Villabon RD 12 Champagne berrichonne
Raymond et Cornusse RD 15 Champagne berrichonne
Bruères Allichamps et Saint Amand Montrond RD 2144 Boischaut
Loye sur Arnon RD 997 Marche

Les résultats attendus

Au-delà de l’aspect environnemental, cette expérimentation doit également montrer qu’il est possible de réaliser des économies financières en modifiant de façon simple les pratiques des agents.

Ainsi, en 2010, les économies en temps de travail sont estimées à environ 52 heures et 500 litres de carburant.

À terme si le fauchage raisonné est étendu à l’ensemble du réseau, cela pourra représenter environ 4000 heures de travail et 39 tonnes de carburant auquel il faut ajouter une moindre usure du matériel (outils de coupe et tracteurs) dû à une utilisation plus rationalisée et une hauteur minimale de coupe plus importante (10 cm).

Cette action induit également un gain de sécurité pour les agents et les usagers car il y a moins de tracteurs (véhicules lents) le long des routes.

A terme, la hauteur minimale de coupe pourrait être relevée ce qui aura des conséquences sur le matériel nécessaire. Les tracteurs pourront être moins puissants car les outils tourneront plus lentement, ils seront donc moins chers à l’achat et consommeront moins de carburant.