Accueil du site > Actions > Solidarité et cohésion sociale > Enfance, adolescence, famille > Dossiers > Le jeune et la justice, colloque organisé par La Ligue des droits de (...)

Le jeune et la justice, colloque organisé par La Ligue des droits de l’Homme

Mise à jour 17 novembre 2010.

Thèmes Jeunesse

Le samedi 4 décembre, la section du Cher de la Ligue des droits de l’homme (LDH) organise à Bourges un colloque intitulé « Le jeune et la justice ». Ouvert à tous, celui-ci va donner au public la possibilité d’échanger avec les différents professionnels en charge des jeunes délinquants.

« La délinquance des jeunes est devenue la cause d’un profond malaise dans notre pays, observe Aline de la Perrelle, présidente de la section du cher de la Ligue des droits de l’Homme -LDH). Face aux discours sur la dangerosité des jeunes, qui justifient des mesures de plus en plus dures à leur égard, et à la multiplication de faits divers relayés par les médias, il nous a semblé indispensable de contribuer à la réflexion des citoyens en leur donnant la possibilité d’entendre les professionnels qui sont à leur contact. C’est pourquoi, au cours du colloque que nous organisons, juge pour enfants, avocat, personnel de la protection judiciaire de la jeunesse, directeur de prison, éducateurs, pédopsychiatre… vont apporter l’éclairage de leur expérience et échanger avec l’assistance. »

Davantage de jeunes en prison

Claude Bisson, également militant de la LDH et membre de la commission nationale de travail sur les prisons, tient à rappeler quelques chiffres. « Selon la direction de l’administration pénitentiaire, au 1er janvier 2010, les mineurs représentent 1,1 % des 66 089 personnes écrouées. Alors que, contrairement à celle des adultes, la délinquance des jeunes est en baisse [1] depuis plusieurs années, les poursuites à leur encontre augmentent. » Comme l’a souligné récemment Catherine Sultan, présidente de l’association des magistrats de la jeunesse, « il y a un grand changement dans le regard que porte la société sur sa jeunesse. Certains faits qui auraient été traités hier par la prévention le sont aujourd’hui par la sanction. Le principe de la tolérance zéro amène à une quasi-automaticité des poursuites. Le système est engorgé, nous n’avons pas les moyens de l’éducatif, qui demande du temps. » et de l’argent. Celui-ci est prioritairement affecté aux centres éducatifs fermés (CEF) créés en alternative à l’incarcération pour les plus de 13 ans multirécidivistes. Publié au mois de juillet par Dominique Versini, Défenseur des enfants, un rapport concernant les ceF constate que leur développement a entraîné la baisse constante des moyens attribués aux autres structures de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) et du secteur associatif.

Priorité à la sanction ?

Questions : l’enfermement a-t-il jamais aidé un jeune à s’inscrire dans la société ? Les adolescents qui ont commis des actes délictueux ne sont-ils pas, comme les autres, des êtres en construction et susceptibles d’évoluer ? À ce propos, Aline de la Perelle rappelle qu’aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, la jeunesse était considérée comme une ressource, y compris la jeunesse délinquante qu’il fallait d’abord protéger. La philosophie qui anime l’ordonnance de 1945 n’est pas démodée. Et son évolution, rendue nécessaire par les réformes qui se sont succédées depuis, ne doit pas être prétexte à une régression.

Samedi 4 décembre 2010 de 13 h 30 à 19 h

Salle des délibérations
Conseil général – Bourges
Entrée libre

Programme :

Trois tables rondes réunissant des professionnels directement concernés, suivies chacune d’un débat avec la salle, aborderont les thèmes suivants :

  • de multiples raisons peuvent conduire un jeune à devoir répondre de ses actes devant la justice.
  • différentes formes d’enfermement des mineurs existent : sont-elles des solutions à la délinquance ?
  • Comment la justice des mineurs a-t-elle évolué depuis l’ordonnance de 1945 ?

[1] après avoir fortement augmenté entre 1994 et 1998, la part des mineurs dans l’ensemble des personnes mises en cause par la police et la gendarmerie n’a cessé de baisser, passant de 22 % en 1998 à 18 % en 2007. Depuis, ce chiffre est pratiquement stable. Voir les travaux de Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS, cesdip-ministère de la Justice, notamment sa note statistique de (re)cadrage sur la délinquance des mineurs sur champpenal.revues.org/7053, son interview du 4/11/09 sur lemonde.fr et son livre la Violence des jeunes en question en collaboration avec Véronique le Goaziou (champ social, 2009).